Nostalgeek – Les 10 films qui m’ont marqué – Jour 2 : Le Cercle des poètes disparus

Nous sommes en 1989…

Non, mais arrêtez, regardez pas le calendrier, je veux dire : je vais raconter un truc qui se passait en 1989 mais je fais comme si c’était maintenant, sortez pas la Delorean tout de suite, quoi.

Bon, je reprends.

Nous sommes en 1989, surtout moi (dans ma tête et dans cet article, donc – eh, c’est la dernière fois que j’explique, vous vous démerdez tout seuls, après). Je poursuis de brillantes études (arrêtez de rigoler, au fond, je vous vois) au lycée de Decize, qui vient de naître : des locaux tout neufs (enfin, surtout la deuxième année parce qu’ils ne sont pas terminés pendant la première) avec du matos neuf (et des tableaux vissés dans un centimètre de placo, qui se cassent un peu la gueule de temps à autre), des profs pas encore complètement usés (voire extraordinaires pour certains), et des ambitions assez démesurées pour chacun d’entre nous, fiers lycéens promis à un avenir radieux.

Je ne me doute pas encore que le “Don’t give up” que Kate Bush susurre à l’oreille de Pet’ Gab’ sur la télé du cours d’anglais de monsieur Protat (que je salue, parce que je lui suis redevable : il m’a permis de comprendre que oui, c’est possible de lire tout un roman en anglais, même si c’est Godbody de Theodore Sturgeon, qui est un petit peu coton pour débuter), que “Don’t give up”, donc, sera un peu prophétique : “we were taught to fight, taught to win, we never thought we could fail”.

1989 est une année formidable, passée parmi des gens formidables, et je parle aussi bien de mes petits camarades que de l’équipe éducative. C’est l’année de la batmania. Mais c’est aussi l’année des poètes disparus et de monsieur Keating… ou plutôt du capitaine.

C’est l’année du Cercle des poètes disparus.

Cette histoire si proche de nous, qui nous fouille dans le fond de la vie, avec ses personnages auxquels on peut tous s’identifier ou presque, du timide pathologique à l’artiste contrarié, fait écho pendant très très longtemps dans ma vie. C’est mon premier contact avec Robin Williams, qui va devenir une présence rassurante dans ma vie.

Ce film, je vais le voir et le revoir un nombre incalculable de fois… et toujours en VF. Allez savoir pourquoi (conditionnement, je pense), la VO ne me fait pas le même effet. Oh, je chiale toujours à la fin, hein, mais je ne sais pas, le doubleur de Robin Williams me manque.

Alors nous sommes en 1989, et quand on sort de la salle de ciné, les potes et moi, on a la gorge serrée. On a envie d’appeler Ô capitaine mon capitaine pour voir si ça ne le ferait pas apparaître par magie au détour d’un couloir du lycée. On a envie de monter sur les tables, sur toutes les tables, pour changer de point de vue, découvrir le monde d’une autre façon, le monde… et l’art, surtout. Le théâtre, la musique, la littérature, les poèmes.

Avec mes meilleurs potes, on sort la nuit dans les bois, on va se geler les miches en haut des vieux terrils miniers autour d’un feu de bois et on lit des poèmes… Et on se retrouve à chanter “Et je vis le Congo” en dansant comme des abrutis. On est ados, on a toute la vie devant nous. On aura bientôt le bac et plus rien ne sera jamais comme avant. Ou peut-être que si. On ne sait pas trop. On s’en fout. Notre seul privilège, à cet âge-là, c’est qu’on s’en fout, et bien malin qui pourra nous le retirer avant que l’heure des responsabilité ne nous tombe dessus.

Robin Williams et moi, c’est une grande histoire d’amour. C’est comme tous mes acteurs favoris : je me jette sur ses films, même les plus merdiques. Ca m’a fait le coup avec Whoopi Goldberg (encore une petite marrante qui vous fiche quand même la larme à l’oeil), avec Julia Roberts, avec Chris Pratt… Mais Robin Williams, c’était autre chose. Ce rire bienveillant qui ne se moque jamais que de soi ou des oppresseurs. Cet oeil brillant qui vous interpelle, parce qu’on se doute qu’il a vu des tas de saloperies (Bellushi, bordel !). Ces traits plastiques, et cette façon d’être à la fois détendu et à l’affût de la meilleure connerie à dire, à faire…

Ce clown triste, si triste, au bout du compte. Le jour où j’apprends la mort de Robin Williams, je me décompose littéralement. J’ai l’impression de perdre une sorte de figure paternelle, de modèle, je sais pas… Je me précipite sur Amazon pour acheter les films de lui que je n’ai pas vus. Pour grappiller des miettes ? Rendre hommage à cet immense bonhomme ? Je ne sais pas, mais poutrin que je suis triste. Pardon : morose. Non, citation du film mise à part, je suis bouleversé. Je viens de découvrir sa série télé où il joue le père de Sarah Michelle Gellar, The Crazy Ones, où je l’ai retrouvé après avoir laissé un peu de côté sa carrière. Je me dis que c’est le dernier truc cool que je verrai avec lui. Ca me remue. Encore aujourd’hui.

Je suis triste pour lui, triste parce que c’est un suicide et que ça me rappelle le Cercle des Poètes disparus. Je n’ai pas trop envie d’analyser tout ça, de cerner le pourquoi du comment, parce que cette tristesse ne m’a pas quitté. Imaginer que le mec le plus formidable au monde, celui qui m’a tant fait marrer, ait pu partir dans la souffrance, la tristesse et le noir. C’est simplement injuste et je n’ai pas envie de broder autour de ce sentiment-là. Le jour de sa mort, je suis déboussolé. Et je me souviens d’une de ses interviews, où il disait : “enterrez-moi le cul à l’air, ça fera un garage à vélos.” Et je vous jure, c’est plus fort que moi, je ris. Le jour  où j’apprends sa mort, où je me sens super mal, je ris. Comme s’il était là et qu’il s’était dit qu’il ne fallait pas me laisser dans cet état-là (oui, c’est égoïste et je vous emmerde). Comme si ce qu’il avait fait de bon, de bien, était plus important que le fait qu’il n’existe plus.

Le meilleur acteur du monde, c’est Robin Williams.

Meilleur brontosaure : Robin Williams n’a pas joué énormément de brontosaures, mais je vous garantis que c’est lui qui les joue le mieux, partout, toujours.

 

 

Nostalgeek – Les 10 films qui m’ont marqué – Jour 1 – Steven Spielberg

Sur l’insistance d’une foule nombreuse (salut Charlotte, Marie, Fabien et Thomas !), je vous livre la liste des dix films qui m’ont marqué.

Pouf pouf. En fait je vous livre la liste des dix films qui m’ont marqué en fonction de ce que je pense aujourd’hui. D’ici la fin de cette série d’articles, la liste aura sans doute changé. Mais j’ai quand même une ruse subtile pour ratisser assez large. Je vais tricher dès le début. Ha !

Mon premier film favori, c’est donc… Steven Spielberg.

Et là je vois bien ce que vous allez me dire : “Non Sandy, Steven Spielberg n’est pas un film, mais un réalisateur, scénariste et producteur de cinéma américain, né le 18 décembre 1946 à Cincinnati (Ohio)” (avec une précision assez impressionnante, ou tout simplement parce que vous l’avez copié-collé comme des sagouins sur Wikipedia, et l’hypothèse “sagouins” me paraît quand même plus vraisemblable, désolé de vous le dire).

Effectivement, je ne peux pas affirmer que vous ayez entièrement tort. Pas du tout, en fait. Mais je ne peux pas choisir un film de Spielberg parmi tant d’oeuvres qui ont une énorme importance pour moi.

D’abord le premier de Spielberg que j’aie vu au ciné, E.T. l’extraterrestre, et qui m’a bouleversé, à 10 ans, en CM2. Je n’ai plus dessiné que des E.T. partout pendant des mois. Je suis devenu complètement obsédé par E.T., mais aussi (ce qui témoigne de l’efficacité du film) par la culture américaine en général. A l’origine, le scénario de E.T. était conçu pour montrer le quotidien d’un gosse américain. L’extraterrestre n’est qu’un prétexte. La famille (décomposée, évidemment) est au centre des attentions du réalisateur : il sait comment introduire de l’ordinaire dans l’extraordinaire (le contraire est tellement plus facile !).

L’année du film, 1982, est devenue en quelque sorte LE jalon essentiel de ma vie de cinéphile, celui qui me permet de situer les films dans le temps – une tâche d’autant plus complexe que pendant les années 80, les jeunes geeks vont voir défiler une série ahurissante de films formidables, des blockbusters calibrés pour la génération Star Wars.

Quand je vois aujourd’hui les mêmes geeks vieillis et aigris se plaindre de la “machine hollywoodienne”, des films “pompe à fric” d’aujourd’hui et autres calembredaines, je suis un peu attristé qu’ils n’aient pas compris : ces années 80 qu’ils idolâtrent ont vu naître, littéralement, cette façon de concevoir les films (le premier “blockbuster” est d’ailleurs Jaws/Les Dents de la mer). Les productions qui s’enchaînent ne sont pas, tant s’en faut, des oeuvres de candides auteurs épris de métaphysique cinématographique et de sens profond. Ce sont des films pour grand public, et ils sont fiers de l’être. S’ils obtiennent un succès phénoménal, c’est en faisant du divertissement pur et dur (de l’entertainment), pas en plongeant dans les abysses de la psyché humaine. Leur profondeur réelle, on ne l’explorera qu’a posteriori : pendant les années 1980, c’est le fun qui compte avant tout… le fun, et l’émotion. Et de l’émotion, il y en a à revendre dans les films de Spielberg.

Je me jette sur tout ce qui parle du film. Magazines, coupures de presse et surtout, adaptation en roman (par William Kotzwinkle, qui a un nom rigolo et qui a écrit une palanquée de bons romans). En 1982, le seul moyen de se replonger dans l’univers du film, c’est d’aller le revoir au cinéma. Difficile, parce que le plus proche ciné est à trente bornes, donc inaccessible pour moi ; ma mère ne m’emmènerait pas revoir le même film plusieurs fois, ça paraîtrait aberrant. Quand j’y pense, aujourd’hui, où l’on peut voir et revoir un film autant qu’on le souhaite, on ne se rend pas compte qu’à l’époque, revoir un film, c’était du luxe. Au point que ça paraissait vraiment too much. On en reparlera quand je vous entretiendrai de la révélation des magnétoscopes, dans un prochain article.

Mais revenons à nos moutons… En 1982, donc, le seul moyen raisonnable de continuer à profiter du film, c’est de lire le bouquin qui en est tiré (ou la BD dans certains cas). Ce roman, je vais le lire et le relire, en y découvrant notamment plus d’informations sur le jeu curieux que pratiquent Elliott et ses copains au début du film, un certain “Donjons & Dragons”. Je vais même lire la suite écrite par Kotzwinkle, “E.T. et la planète verte”, qui ne me laissera pas un souvenir inoubliable… C’est la suite de trop. Je me documente bien sûr sur tout ce qui concerne le film, et je découvre des noms comme Kathleen Kennedy (formidable productrice qui suivra Spielberg très longtemps) ou encore John Williams.

John Williams… Ce nom-là va verrouiller mon horizon musical pendant des années : j’écoute essentiellement de la musique de films (encore aujourd’hui, d’ailleurs), et en comprenant l’influence qu’elle a sur l’émotion ressentie, je m’y intéresse énormément. Je ne deviens pas musicologue pour autant, mais je sais que la musique, ça compte.

Bref, E.T. devient mon ami imaginaire et sera le premier jalon de ma Spielbergomanie.

Je ne découvrirai Les Dents de la mer que des années plus tard (lors d’un passage à la télé). Le film est excellent, mais ne me marque pas pour autant. Je le redécouvre à chaque nouveau passage. Je l’achète en DVD. Je finirai par l’acheter en Blu-Ray, quand j’aurai enfin compris que ce film est mon film préféré, que chaque visionnage est encore plus agréable que le précédent, que j’y découvre sans cesse de nouvelles choses (et j’en découvre encore en traduisant l’ouvrage consacré au film dans la collection des petits BFI chez Akiléos).

Les Aventuriers de l’arche perdue est un passage obligé pour tous les geeks. Je le vois au ciné à Nevers (le ciné de la petite cité des Courlis, un peu excentré par rapport au “grand” ciné, le Palace). Pendant le final où les nazis fondent (séquence un peu gore), ma grande soeur, craignant sans doute pour ma sensibilité, tente de me cacher les yeux (en vain, évidemment). Je ne suis pas traumatisé, bien au contraire. Je trouve ça très cool de voir des nazis fondre comme des mannequins de cire, d’autant que ce sont quand même de sacrés salauds. Par la suite, ce premier Indiana Jones deviendra pour moi le meilleur film d’aventures de tous les temps. Mon opinion n’a jamais changé à ce sujet.

La Couleur Pourpre. Je suis déçu que Spielberg s’éloigne des terres bénies du fantastique pour livrer une “simple” histoire réaliste, mais le nom du réalisateur suffit à me convaincre de tenter le coup. De temps à autre, un film est projeté dans la salle des fêtes du petit patelin où j’habite : c’est une belle façon de mettre la culture ciné à portée de ceux qui ne peuvent pas aller au ciné de Nevers. Le film est phénoménal. Je découvre Whoopi Goldberg. Elle devient pour un temps mon actrice préférée.

Jurassic Park. Le film sort dans une atmosphère de revendication de l’identité culturelle française. Très artificiellement, il est opposé par les médias à Germinal, qui sort en même temps, vanté comme une sorte de flambeau cinématographique franco-français. Au milieu d’une polémique stérile, c’est à se demander s’il ne faut pas choisir son camp. Pour moi, c’est assez simple : j’en prends plein la figure devant les dinosaures, et j’adore le film, qui consacre mon divorce avec le ciné français (on ne s’est jamais réconcilié depuis).

Schindler. On sort du ciné. Tous les spectateurs sortent en silence. Quelques-uns pleurent encore. Je ne peux pas revoir ce film.

Il faut sauver le soldat Ryan. La première demi-heure est l’expérience la plus traumatisante que j’aie vécue au ciné.

Le ciné de Spielberg m’a transformé en cinéphile plus ou moins averti (puisqu’il m’a appris à aller chercher les noms importants au générique), un peu mélomane (grâce à tonton John Williams) et sans doute un petit peu plus humain. Lui et moi, on n’est pas d’accord sur son film de poisson tueur (qu’il affirme souvent détester), mais je l’aime toujours beaucoup. Grâce à lui (et au fameux “brat pack”) est né un cinéma complexe et profond, mais qui cherche avant tout à divertir son public. A le divertir dans les règles d’un art qu’il réinvente sans cesse.

BONUS – Meilleur brachiosaure de Steven Spielberg : c’est évidemment le brachiosaure qui éternue à la figure de la petite fille dans Jurassic Park. Il a la taille idéale pour un brachiosaure, et c’est une belle scène de brachiosaure qu’il nous offre là. Score de brachiosaure : cinq crêtes de dimétrodon.

Demain, un autre film de brachiosaure passionnant !

 

Les flimes

J’ai commencé hier à revoir “The Lost World”, 4e volet de la série Jurassic Park au cinéma, en prévision du 5e opus que j’ai l’intention d’aller mater ce vékande. J’ai aussi mangé un poulet au curry rouge avec trop de crème et ça gâchait un peu, et y avait eu un orage la veille, et mes chiens avaient fait chier toute la nuit.

Votre sens critique vous aura sans doute permis de filtrer les informations que je viens de vous donner pour en extraire la plus importante : il faut quand même limiter un peu la crème et le lait de coco dans le curry sinon c’est un poil trop riche, même avec beaucoup de riz. Un détail apparemment anodin vous aura quand même sans doute frappé : je parle de flimes de ciména, et plus particulièrement d’un flime que j’aime beaucoup, Jurassic Park.

Il est très spécial à bien des égards. Déjà, c’est un film de Steven Spielberg, qui compte parmi mes réalisateurs favoris. Je vous parlerai sous peu de ma grande passion pour son oeuvre, au point que vous aurez envie de vous crever les yeux avec de petites aiguilles toutes fines en criant “arrête, arrête avec Spielberg” ! Ensuite, le film a engendré une série, qui comprend des hauts et des bas, mais qui reste le mètre-étalon en matière de films de dinosaures. Finalement, Jurassic Park a influencé la pop-culture de façon radicale, mais il a aussi marqué la culture tout court. Avant 1993, si vous parliez de “velociraptor”, on vous regardait avec des yeux ronds avant de vous demander la taille des pneus ou le niveau de confort du guidon.

Aujourd’hui, même plus besoin de dire “véloci”.

J’ai revu l’essentiel de la saga Jurassic Park presque d’un trait (je me suis endormi devant Jurassic World hier, mais c’est consécutif à l’orage : je n’avais presque pas dormi la veille (au passage, vous voyez à quel point c’est structuré, ces articles : chaque détail a son importance, un truc de ouf). Et ça a changé radicalement la façon dont j’appréhende les films.

D’abord, j’ai été époustouflé devant le deuxième opus, “The Lost World”. Je ne l’avais pas aimé au ciné, mais j’étais prêt à lui donner une seconde chance : il y a en effet quelques passages plutôt marrants, et à ma grande surprise, quelques dialogues vraiment bien écrits au début du film. Et un tyrannosaure dans les rues de San Diego, ce qui était effectivement très rigolo. A côté de ça… je ne peux pas croire une seconde que ce soit Spielberg qui ait tourné (et surtout monté) le film.

A l’heure où je mange des muffins en buvant de la Ricorée (donc un petit quart d’heure avant la rédaction de cet article), je ne me suis pas énormément renseigné sur ce second (au passage : oui, on peut dire “second” même quand il y a un “troisième” après, cette histoire de deuxième/second, c’est une légende littéraire… où j’en étais ?) opus et j’ignore si Spielberg s’est expliqué, s’il a eu des soucis à l’époque, etc. Mais une chose est claire : les plans de conversation longs et statiques du début du film, sans même un petit champ-contrechamp pour certains dialogues, ne ressemblent pas au cinéma très dynamique qui me fascine chez Spielberg. Quand je repense au premier Jurassic Park, je vois le plan de réaction d’Ellie Satler (Laura Dern, géniale dans ce film et ailleurs) découvrant les dinosaures : la caméra monte avec elle lorsqu’Ellie se dresse dans la jeep, dont une partie du toit apparaît et défile dans le plan. Quand je vois ce plan, j’ai envie de me dresser sur mon siège pour mieux regarder les brachiosaures, et ça me le fait à chaque fois.

Mais dans “Le Monde perdu”, on a des dialogues en plan statique de pas loin de huit heures ! (Bon, disons trente bonnes secondes, j’ai pas vraiment chronométré avec précision.) A la fin du film, j’étais persuadé que ça ne venait pas de Spielberg, mais sans doute d’une seconde équipe. La musique de John Williams est époustouflante, avec des passages évoquant les vieux films d’exploration de jungle… Les trucages sont… eh bien, un peu plus au point que ceux de Jurassic Park premier du nom, mais tellement moins bien exploités. Pensez à la scène du T-Rex (plus personne ne dit tyrannosaure, vous avez vu ? T-Rex, quand j’étais ado, c’était le nom d’un chanteur…), par exemple : une chorégraphie ahurissante, où tout est millimétré. Rien de tout ça dans Le Monde perdu : les trucages sont exploités avec bien moins de talent.

Et pourtant, c’est de Steven Spielberg, avec le même scénariste, la même productrice (la formidable Kathleen Kennedy, que j’adore depuis E.T.)… Bon, bref, faut que je me documente.

Jurassic Park 3 : Le sauvetage dans l’île avec le petit garçon (c’est pas le titre officiel, mais j’ai oublié le vrai). C’est Joe Johnston qui est responsable (Joe Star Wars Johnston, allez faire un tour sur wikipédia, vous verrez que le bonhomme a fait quelques petites choses. Tant que vous y êtes, regardez la page de Kathleen Kennedy, ça peut pas faire de mal, et après, faites-lui un bisou virtuel pour tout ce qu’elle vous a apporté sans que vous le sachiez, un peu comme cette tata de l’autre bout du monde que vous n’avez jamais rencontrée mais qui vous envoyait un cadeau incroyable à chaque Noël). Plutôt sympa, en fait, d’autant qu’on y trouve William H. Macy, qui est absolument extraordinaire dans tous les films où il joue (et si ça se trouve, dans quelques-uns où il ne joue même pas, mais c’est plus difficile à quantifier). Une très bonne surprise : c’est tartignole, le film finit complètement en merde, il y a une sorte de T-Rex cornu qui apparaît… pour des raisons mystérieuses… mais c’était un bon moment.

Jurassic World : du fun, des trucages encore plus réussis, et surtout, surtout, une idée que j’adore… Présenter un Jurassic Park fonctionnel avec tout ce que ça implique en terme de délices visuels, et finalement, une fois que le spectateur est gavé d’images, lui donner ce que tout gamin normalement constitué s’imagine en visitant un zoo : maintenant qu’on a vu les bestioles intéressantes, qu’est-ce qui se passerait si les plus dangereuses se barraient de leurs cages ? (Et quand j’écris “gamin normalement constitué”, je pense évidemment à moi, qui suis un petit peu le garant de la normalité universelle, au moins dans ma tête). J’ai beaucoup aimé et j’attends le prochain avec impatience.

Bref. Je me suis rendu compte d’une chose assez amusante : certains films se regardent différemment dans certaines circonstances. Jurassic Park au ciné, Jurassic Park en DVD, Jurassic Park en 2018 où le défi technologique n’est plus le même, Jurassic Park en marathon à la maison, Jurassic Park en 4DX avec les sièges qui secouent et les petits bitonios qui vous crachent de l’eau à la tronche quand les dinosaures éternuent… ce n’est pas le même film. Mais pas du tout, en fait. Chaque lecture est différente. Le film vous apporte des choses différentes. On adopte des grilles de lecture radicalement opposées, parfois.

Il n’y a pas qu’un film, il y a un nouveau film chaque fois qu’on pose son cul pour le regarder. Et ça ne vaut pas que pour ces “grands classiques” dont on vous rebat les oreilles, mais bien pour tous les films. En particulier ceux que vous avez aimés ou détestés. Ceux qui vous font tendre le cou pour regarder les brachiosaures. En fait, non, oubliez ce que j’ai dit : ça vaut surtout pour les films où on voit des brachiosaures. C’est ma conclusion et je l’assume.

Par conséquent, dans les jours prochains, je vous fais une liste de mes dix films de brachiosaures préférés, ça va être passionnant.

 

Nostalgeek – 10 jeux de rôle papier qui m’ont marqué – Jour 10 : fuck les règles

Si vous avez lu le précédent épisode, vous savez que tel le félon moyen, j’ai laissé l’honorable lectorat de ce blog sur un suspense palpitant, mais presque. Si vous n’avez pas envie de lire le reste, je vous résume : j’ai fait la liste des huit jeux qui m’ont vraiment marqué et je me refuse à en rajouter artificiellement d’autres, mais je me dis qu’il y a encore moyen de parler des jeux de rôle et de leur influence.

Un collègue et néanmoins ami me demandait sur facebook, ce repaire d’infâmes malandrins, si je comptais faire une liste des jeux que j’ai détestés. C’est une excellente question. Je ne déteste aucun jeu de rôle. Il y a certes des jeux bien merdiques, mais de là à leur vouer le genre d’émotion que je réserve, disons, à… mince, j’allais écrire Eric Zemmour mais je me rends compte que ce gars-là m’indiffère et qu’il ne mérite guère plus que la virgule marron qu’il laissera sur le papier chiottes de l’histoire du XXIe siècle.

Où j’en étais ? Ah oui, les jeux que je déteste. Il n’y en a pas, du moins aucun dont j’aie connaissance.

En revanche, il existe une autre catégorie de jeux à explorer dans un article : les jeux super connus qui m’en touchent une sans remuer l’autre. Plus précisément : les jeux qui auraient dû m’influencer, mais en fait, ça m’est passé au-dessus de la tête. Ce ne sont pas de mauvais jeux, loin de là. En fait, ce sont même des jeux excellents, que l’on pourrait qualifier de “grands classiques”. Simplement, pour des tas de raisons, ils ne m’ont pas énormément marqué (ou moins que d’autres). Attention, ça va peut-être vous piquer les yeux, mais ce que je veux démontrer, c’est qu’on peut très bien apprécier des trucs un peu mal fichus (l’Oeil Noir 1re édition n’est pas vraiment un truc ahurissant d’élégance) parce qu’ils sont tout simplement arrivés au bon moment, et passer à côté de choses bien plus abouties, mais qui ne nous touchent pas pour des tas de raisons légitimes.

D&D – Je suis passé à côté de D&D parce que le jeu n’était pas facilement accessible quand j’étais ado. Je veux dire : physiquement accessible. Si je l’avais trouvé chez Carrefour (comme James Bond !), je me serais sans doute jeté dessus. Pas de chance pour D&D, pour moi c’était L’Oeil Noir avant tout. Ce qui ne m’a pas empêché de tenter la 3e édition (qui ne m’a pas fait un effet phénoménal, désolé : c’était… ben c’était bien, quoi), la 4e (que je trouvais assez marrante mais… pas dans ma période méd-fan, donc je me suis contenté de participer à sa traduction sans trop y toucher), et finalement la 5e… Là, on peut causer. Un jeu de rôle cohérent, bien fichu, simple à jouer, avec beaucoup de campagnes sympa et une très bonne boîte d’initiation (j’ignore ce que ça donnera en VF, mais en VO tout cela était bel et bon).

J’ai eu la chance de jouer une très agréable mini-campagne et de découvrir le jeu grâce à un groupe extrêmement sympa. Je recommande vigoureusement D&D5 à ceux qui veulent un système méd-fan robuste. Ah, et je vais faire hurler les puristes, mais je trouve que cette édition rend toutes les précédentes obsolètes. La nostalgie, c’est mignon, mais quand on a une Ferrari, pas la peine de rouler en char à boeufs. Et je vous dis ça alors que je conserve la boîte rouge en photo dans cet article, simplement parce que c’est symbolique. Et je suis également fan de “rétro-clones”. Bon, bref, on en reparlera un jour, là, on a encore plein de jeux géniaux à mépriser d’un air hautain !

L’Appel de Cthulhu – Je ne suis pas fan du système Chaosium d’origine, parce que je n’aime pas du tout le d100 (comme certains détestent le d20). C’est purement subjectif… Peut-être que ça tient aux premières fiches de Cthulhu où on avait 15% en Armes à feu et où on n’arrivait pas à dégommer une vache dans un couloir. L’univers de Lovecraft est très intéressant d’un point de vue littéraire, mais j’avoue qu’il ne me parle vraiment pas en tant que MJ. En tant que joueur, c’est autre chose, et j’ai eu le plaisir d’y jouer quelques scénarios très chouettes avec mon ancien groupe du Donjon de Decetia et un excellent MJ. Mais bon, je n’ai jamais trop accroché à ce jeu, même si j’ai acquis la formidable boîte de la V7, qui, malgré son prix, est un rêve de rôliste complétiste avec son matériel pléthorique. Disons toutefois que quitte à jouer un perso qui perd la boule, je préfère que ça se passe façon Unknown Armies, où l’humour fait partie des passages obligés.

Ca ne m’empêche pas d’avoir investi dans certains suppléments de la gamme publiée chez Sans Détour : les ouvrages consacrés à la criminalistique, à la folie et au background des années folles sont absolument géniaux. En revanche, grosse déception sur Achtung Cthulhu : le côté Pulp est noyé dans un texte poussif, on a l’impression de se fader un manuel d’histoire-géo mal foutu, et la VF est pénible à lire, ce qui n’arrange rien. Si vous voulez voir comment on réécrit la Seconde Guerre mondiale de façon fun, lisez le formidable jeu Godlike (ça se trouve en PDF et ça joue dans une tout autre catégorie – cela dit, faut aimer les superhéros). Même chose pour Cthulhu 1890, une somme historique extrêmement indigeste : son caractère exhaustif ne remplace malheureusement pas un bon esprit de synthèse. Là, on a un texte assez bien rédigé, cela dit, mais il y manque un angle, une porte d’entrée exploitable, une vraie accroche ludique. Curieusement, Cthulhu 1890 m’a complètement dissuadé de jouer dans le cadre qu’il présente. Si vous voulez un truc vivant, lisez plutôt “London, the Biography” de Peter Ackroyd (maintenant, si vous voulez savoir où trouver une boutique de confiserie à Londres en 1890, il y a probablement son adresse, le poids en livres du commerçant et la couleur de ses draps de lit dans les bouquins de Sans Dét’).

INS/MV – Encore un univers qui ne me parle pas énormément en tant que joueur. Voilà un truc très sympa à lire (et j’ai même écrit une toute pitite nouvelle dans la dernière version), mais qui ne m’a jamais accroché à fond. J’ai joué quelques parties, lu pas mal de choses (dont un des suppléments que j’aime beaucoup, Les Petites Apocalypses d’Olivier Fanton si je ne dis pas de bêtises), et j’ai même beaucoup aimé la 4e édition (il me semble en avoir écrit une critique dans Backstab à l’époque) mais je n’ai jamais eu envie de m’investir dans l’univers du jeu. Je préférais déjà les trucs de superhéros purs et durs. Mais je ne vois pas trop comment je jouerais une longue campagne dans INS/MV vu que je ne m’attache pas du tout aux personnages que je crée. A côté de ça, j’admire l’élégance du système de jeu, ce truc très épuré qui ne fait pas dans le superflu et qui proposait un jeu “asymétrique” à une époque où tout le monde ne jurait que par “l’équilibre de jeu”. Mais c’est clair : ce n’est pas pour moi, du tout, encore moins aujourd’hui où j’ai peu de temps pour jouer.

Le Monde des Ténèbres – Quand Vampire est sorti, ça a été une vraie révolution. Manque de bol, le développement de la gamme concordait avec une période où j’ai très peu joué. J’ai fait un peu de Loup-Garou et surtout de Changelin (mon jeu préféré de la gamme), mais sans réellement explorer tout ce que le Monde des Ténèbres avait à offrir. Et quand, des années après, je me suis dit que ça valait peut-être le coup… eh bien, l’univers était devenu bien trop compliqué pour m’attirer. Le Monde des Ténèbres est l’exemple même du mauvais ratio investissement/bénéfice pour moi. Je reconnais l’énorme potentiel du jeu, et je ne désespère pas de me plonger dans Mage parce que ça m’a l’air très bien… mais j’espère un truc simple, concis. Une sorte d’épisode pilote (un kit d’initiation ? Moi j’aime les kits d’initiation. Je vous l’avais pas dit ? Mais si, je vous l’avais dit). Ou une vraie campagne.

Warhammer – Warhammer est ma grande déception rôlistique. J’ai toujours la première édition française et la 2e (les livres de base uniquement). La première édition a nourri mon premier jeu “maison” méd-fan… mais je n’ai jamais pu y jouer réellement. J’ai fait quelques parties (dont j’ai un souvenir diffus), mais jamais avec le bon MJ (moi y compris). Je veux aimer Warhammer. J’ai adoré le scénario “La Tempête approche” pour la 3e édition. Même les couvertures kitsch de la 4e me plaisent. Le Bestiaire de la 2e édition est le meilleur bestiaire méd-fan de tous les temps, point barre. La campagne de l’Ennemi Intérieur version 3e édition (disponible brièvement en téléchargement gratuit sur le site Edge si je ne m’abuse… enfin j’espère, parce qu’on a beaucoup bossé dessus pour ne jamais la voir sortir en dur…) était vraiment très sympa. Le premier livre de base était tout ce que j’espère d’un livre base : complet, riche, beau, épais. Mais voilà, ça n’a pas marché, je n’ai jamais accroché. Quant à W40K, là, c’est tout de suite non : l’univers ne me parle absolument pas (ce qui m’a rendu d’autant plus difficile de défendre la gamme VF jusqu’au bout, malgré des ventes anorexiques).

Paranoïa – Jamais essayé, et le côté coups de poignard dans le dos est rédhibitoire pour moi. Dommage, il y a peu d’univers SF bien fichus et qui ne font pas dans le…

…Cyberpunk – Y a des gens qui n’aiment pas le méd-fan, moi je n’aime pas le cyberpunk. Curieusement, je suis à la fois technophile et complètement imperméable au culte de la technologie. Du coup… ça freine considérablement mes ardeurs cyberpunkesques. Les seules versions qui m’attirent sont celles de Simulacre (que je n’ai plus) et le Nanochrome autoédité chez Lulu.

Shadowrun – J’avais acheté la 1re édition en VO et j’avais beaucoup aimé le background… mais je n’ai jamais compris quoi en faire. L’univers me semblait trop complexe, et encore une fois, il arrivait à une période où j’avais autre chose à faire (étudier l’histoire avec une molle conviction, par exemple). Encore un jeu où j’aurais voulu trouver un bon MJ… et aujourd’hui, c’est vraiment trop tard, le charme de l’univers ne fonctionne plus du tout pour moi. Il est trop ancré dans les années 90 pour résonner aujourd’hui. C’est le problème que j’ai avec beaucoup d’univers d’anticipation : ce qu’ils anticipaient est aujourd’hui déjà du passé (en termes sociétaux, hein : évidemment, on n’a pas des elfes et des orques qui se baladent dans les rues, à part à l’Assemblée Nationale pour la seconde catégorie).

Runequest – J’ai deux souvenirs de Runequest. Les deux parties auxquelles j’ai participé (ou presque). La première, c’était une création de persos catastrophique. Les jets de dés nous ont créé un lanceur de sorts musclé comme Schwarzenegger et un barbare souffreteux. Nous ne sommes jamais allés au-delà de cette session de création de persos. Deuxième souvenir, celui de ma première partie avec un MJ… euh… avec un MJ. Nous avons créé des persos en suivant les foutues règles à la lettre, et quand je dis à la lettre, je veux dire : “en lisant scrupuleusement le foutu manuel.” Il y avait, je crois, deux marchands dans le groupe. Chacun avait donc “une petite boîte ouvragée de très belle facture”. Je pense qu’il s’agissait de la même boîte, au détail microscopique près, en tout cas c’est ce que semblait sous-entendre le MJ qui lisait soigneusement la liste d’équipement sur un ton que je qualifierais à la fois de sentencieux et d’appliqué. Je précise que je jouais avec des gens qui avaient un immense sens de l’humour et que même si cette partie tient plus de la torture que du loisir, je me suis marré tout du long.

Le scénario, c’était “la peau de dragonnet” (je crois que c’est un draconewt en VO, non ? Enfin bref…). Et je m’en souviens comme si c’était hier. C’était une trahison rôlistique, mais aussi une partie complètement hilarante. Parce qu’il y avait un truc.

C’était une de mes premières parties avec un autre groupe que mon groupe de joueurs habituel (et avec un rôliste qui allait devenir un de mes meilleurs amis, un type exceptionnel, comme on n’en rencontre qu’une fois dans sa vie). Le groupe en question jouait très souvent des scénarios parus dans le magazine Casus Belli. Et un des joueurs, malgré l’interdiction formelle en vigueur au sein de l’équipe, lisait soigneusement les scénarios à l’avance (il s’était trahi sur certains détails). Evidemment, cette attitude sabotait un peu les scénarios en question et avait fini par agacer les autres joueurs. Cette fois, c’était lui le MJ.

Et bien sûr, les joueurs avaient lu “La peau de dragonnet” à l’avance. L’accroche était simple : “un marchand vous propose d’escorter une caravane” (qui transporte ladite peau, mais ça on n’est pas censé le savoir, et ça va foutre un peu la merde… enfin, ça foutrait la merde si on n’était pas déjà dedans jusqu’au cuir chevelu…).

Dès le début, j’étais stupéfait : les joueurs faisaient tout pour refuser la mission. Tout. Ils se comportaient comme de vrais psychopathes (tous les PNJ du scénario ont fini trucidés, leurs maisons incendiées, etc.). Le MJ se décomposait. Et je ne comprenais pas. Mais qu’est-ce qui se passait ? A la fin, je n’en pouvais plus, j’ai laissé mon personnage se suicider (je crois que le MJ m’a fait faire un jet d’attaque avec les dégâts et tout et tout), et j’ai fini par l’auto-sacrifier dans le temple de son dieu. Tout a foiré, c’était le chaos total, le ratage thermonucléaire global.

Le MJ, plutôt vénère au début, a dû finir par comprendre et, de guerre lasse, il a laissé les joueurs finir de saccager son scénar. Il s’est un peu calmé par la suite, question anticipation de scénario.

Je vous avoue qu’on a quand même bien ri (surtout quand les autres m’ont expliqué pourquoi ça c’était barré en sucette à ce point). Je crois qu’il ne nous en fallait pas beaucoup, en ce temps-là. Quelques dés, des potes, une ambiance. Parfois ça merdait tellement qu’on appelait ça un “foirio” (un scénario foireux). Parfois, on improvisait des trucs extraordinaires… dont il ne reste aucune trace. Parfois on tentait des récits audacieux… et on se ratait lamentablement. Mais bon sang, on se marrait bien. Un nouveau Runequest vient de sortir, et j’ai envie de voir à quoi ressemble cet univers… mais pas question d’accepter de convoyer des peaux de dragonnets, cette fois.

Conclusance

“Merci pour ce voyage en Nostalgie”, c’était très bien. J’ai un peu raconté ma vie, et mon loisir préféré. Je vous ai expliqué pourquoi mes goûts étaient les meilleurs au monde, et pourquoi tous les autres ont tort. Ou alors je vous ai montré pourquoi j’ai apprécié certains jeux plutôt que d’autres : un mélange d’affinités personnelles, de hasard et de rencontres humaines. Il y a des jeux marquants qui ne m’ont pas marqué, parce qu’ils ne sont pas arrivés au bon moment, ou avec les bonnes personnes. Et d’autres jeux anecdotiques (je pense à toi, Batman) qui m’ont mené à d’autres choses passionnantes.

J’espère que vous en avez profité autant que moi. Peut-être que vous êtes aussi un quadra passionné de JDR et qui a vécu la grande époque des pionniers, avec ses jeux laids, pénibles, mal écrits, chiants et géniaux. Peut-être que vous êtes un.e débutant.e dans le JDR et que vous aviez juste envie de comprendre pourquoi tout le monde vous rebat les oreilles avec L5A. Ce que je peux vous dire, c’est que la nostalgie, c’est bien joli, mais rien ne vaut le moment présent. Au lieu de lire des conneries sur internet, vous feriez mieux de travailler à l’élaboration des vôtres (de conneries).

Play dirty, play fair, but play !

 

 

Sandy Julien

Sandy Julien

Traducteur indépendant

Works in Progress

  • Secret World Domination Project #1 44%
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